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ACTUALITÉS

  • publication du numéro consacré à Tristan et l'Académie

  • préparation d'un nouveau numéro consacré à Tristan et le théâtre du XVIe siècle

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 2019

 Tristan L’Hermite entre tardivement à l’Académie française. Cependant, la période (1648-1655) est cruciale pour cette institution. On se propose d’observer la trajectoire d’un poète respecté et dramaturge connu, devenu académicien presque malgré lui, d’interroger le rôle qu’il a pu jouer dans ce cénacle lettré et, inversement, d’observer une possible influence sur son œuvre d’un « esprit académique ». On étudiera aussi la pratique voire la conception linguistique de Tristan. Sommaire du numéro

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PRÉPARATION D'UN NOUVEAU NUMÉRO, 
TRISTAN L’HERMITE ET LE THÉÂTRE DU SEIZIÈME SIÈCLE
PROJET DE RECUEIL D’ARTICLES

9 juin 2020


Tristan imitateur de Hardy, qu’il surpasse même dans l’inspiration humaniste de son théâtre en accordant à la parole lyrique une place particulièrement grande au regard de celle qu’occupe, dans le théâtre classique, l’action dramatique ; Tristan nostalgique de la comédie à l’italienne, alors que les premières pièces de Corneille en appelaient à une rénovation en profondeur du genre ; Tristan soucieux de raviver les topoï, eux-mêmes issus de la littérature ancienne, de la pastorale dramatique, celle que pratiquait, au siècle précédent, Chrestien des Croix ou Montreux : nombreux sont les commentaires qui font de l’auteur de La Mariane, de Panthée, du Parasite ou d’Amarillis un dramaturge archaïsant, le regard tourné vers les modèles, hérités de l’Antiquité, du théâtre humaniste plutôt que vers la modernité du théâtre nouveau que les partisans de la régularité ont, dès les années 1630, contribué à faire naître. Il convient, avec une plus grande objectivité, de revisiter ces lieux communs de la critique tristanienne en s’interrogeant sur la réalité des rapports de Tristan au théâtre, français ou européen, du seizième siècle : quels sont les procédés que le poète lui emprunte, dans quelles proportions, selon quelles modalités et, surtout, avec quels effets, littéraires ou spectaculaires ? Car, ne l’oublions pas, les pièces de Tristan, comme toutes celles des seizième et dix-septième siècles, sont destinées à la représentation scénique autant qu’à la lecture, solitaire ou collective. Le vif succès de La Mariane serait-il, comme le suggère Corneille dans l’un de ses Discours, un hapax, une heureuse exception en dépit de la singularité de sa construction, évocatrice d’une époque antérieure, ou n’y aurait-il pas de la part de son créateur une volonté manifeste de satisfaire les attentes du public (la mise en lumière de l’acteur chargé de porter la pièce) au moyen d’un procédé qui appartient en effet à une période révolue ? La marche de l’histoire ne coïncide en outre pas toujours exactement avec le dessin esquissé plus haut : la comédie à l’italienne connaît, après Le Parasite et peut-être sous son influence, un regain d’intérêt, tandis que la pastorale se développe de nouveau par la suite, dans le théâtre à machines et/ou en musique plutôt que dans les formes traditionnelles de la dramaturgie. Les voies d’analyse qui s’ouvrent à nous sont en fait multiples : qu’en est-il, chez Tristan et ses prédécesseurs – et lesquels ?– du traitement du personnage, de l’intrigue ou de la poésie dramatique elle-même ? L’étude du théâtre tristanien permettra plus largement de poser la question de la possible perméabilité entre les esthétiques humaniste et classique.

Les articles seront à remettre au plus tard en mars 2020 et publiés dans le numéro XLII des Cahiers Tristan L’Hermite, à paraître à l’automne de la même année.


Contributeurs :

. Catherine Dumas, comparatiste, MCF à l’Université de Lille : « Le pouvoir destructeur des passions dans La Tragédie d’Amnon et Tamar de Chrétien des Croix »

        La Tragédie d’Amnon et Tamar, pièce biblique de Nicolas Chrétien des Croix publiée en 1608, reste une œuvre relativement archaïque, que la présence de chœurs, ainsi que l’apparition épisodique de deux figures allégoriques rattachent au théâtre de la fin du XVIe siècle. Les désirs des personnages principaux sont longuement débattus avant leur mise à exécution. La peinture des passions et leur pouvoir destructeur n’en demeurent pas moins des forces motrices qui régissent l’intrigue et annoncent le théâtre de Tristan.

. Nina Hugot, a très récemment soutenu, à la Sorbonne, une thèse de doctorat consacrée aux personnages féminins dans le théâtre français du XVIe siècle : « Panthée, héroïne tragique de Guersens à Tristan ».

. Sylvain Garnier, a lui aussi récemment soutenu une thèse de doctorat consacrée au théâtre français du XVIe siècle : « Parole lyrique et vraisemblance classique : le personnage ‘rendu Poète’ dans le théâtre de Tristan L’Hermite ».

Tout en reprenant une partie de l’héritage poétique du théâtre antérieur à l’époque classique, Tristan L’Hermite va s’ingénier à rendre cette parole lyrique compatible avec l’exigence de vraisemblance qui prévaut désormais. En effet, chaque fois que le poète-dramaturge met en scène un personnage qui se signale par la facture poétique de ses discours, il va s’efforcer de souligner les traits de son caractère qui peuvent justifier, au regard des règles classiques, une telle parole lyrique. Tristan va ainsi infléchir certains des personnages qu’il reprend aux tragédies de Hardy, comme Hérode ou Araspe, ou créer des personnages plus originaux, comme Sénèque ou Ariste, en insistant toujours sur leur mélancolie constitutive qui peut expliquer de manière vraisemblable qu’ils s’expriment de manière poétique lorsque les circonstances de la pièce le permettent.

. Laura Rescia, que nous connaissons bien : « Les pastorales de Montreux et leur influence sur l’Amarillis de Tristan ».

. Zoé Schweitzer, comparatiste, MCF à l’Université de Saint-Etienne : « La Mort de Sénèque : continuation du théâtre humaniste ou adieu à Sénèque ? ».

Le propos serait, comme y invite le projet, de réfléchir à l'articulation avec la tragédie latine, le théâtre humaniste et la tragédie moderne à partir du personnage de Néron, de la figure de Sénèque, du sujet de la conjuration et de la notion d’horreur.

. Céline Fournial, a très récemment soutenu à la Sorbonne une thèse portant sur le théâtre français des XVIe et XVIIe siècles. Elle était aussi présente à la journée d’hier : « L’inventio tragique de Tristan L’Hermite : retour cyclique ou inspiration sérielle ? »

Dans cet article, j’aimerais interroger le choix des sujets et des sources opéré par l’auteur afin d’examiner les effets de retour cyclique par rapport au XVIe siècle, en regard d’une création sérielle (réseaux d'oeuvres contemporaines européennes, effets de série au sein de l’oeuvre tristanienne). Cette étude permettra de poser conjointement la question du rapport de Tristan au théâtre du XVIe siècle et au théâtre européen de son temps et d’analyser la conception qu’a le dramaturge du sujet tragique par rapport à celle de la tragédie humaniste.



Sandrine Berrégard, Université de Strasbourg

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9  juin  2019

vous trouverez ici prochainement les prochains projets de l'association

 
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